Le doux passage de 2017 à 2018, dans la tempête de la grande fatigue mais du rose aux joues d’avoir tant admiré et d’aimer si fort

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Illustration de Max Prentis

On ne se connaît pas encore beaucoup, mais je ressens tout de même l’envie de revenir sur 2017 ici, dans un petit recoin de la toile où il fait bon s’exprimer et s’épancher sur ce qui fait partie de moi.
Mais avant de commencer, je tiens à vous souhaiter à toutes et tous une belle année 2018, qu’elle soit douce et accueillante mais aussi forte en découvertes passionnantes, enrichissantes et marquantes.

2017 m’a offerte de grandes émotions, de puissantes sensations, qui ont réveillé et bousculé beaucoup de choses en moi, malgré les cernes et mon rire fatigué, tout cela est pour le meilleur. Année marquée par le changement avec un retour aux sources qui ne s’est pas fait seule mais accompagnée par un humain merveilleux. J’ai pris la décision d’affronter mes peurs et mes doutes, mon plus grand ennemi : mon manque cruel de confiance en mes capacités, pour emprunter la voie de l’enseignement du français et de la littérature au cégep. Je vous parle de tout cela car cet espace est fortement lié à cette décision. En effet, j’ai eu envie de sortir des sentiers tracés, me remettre à lire et partir à la découverte d’œuvres qu’on ne m’a pas enseignée et que j’explore seule afin de découvrir les textes que j’aurai envie d’enseigner, les lectures que je souhaiterai transmettre. J’avais envie/besoin d’un lieu pour en parler, pour créer l’échange, pour prendre le temps de me poser et de trouver des mots qui sauraient rendre ces expériences de lecture. C’est pourquoi le blog est né, c’est pourquoi j’espère qu’il résistera au temps et aux possibles changements à venir…
Et surtout : c’est pourquoi je suis si enthousiaste d’écrire ces articles pour partager tout cela avec vous.

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Akira par Otomo

2017 a été marquée par de grandes découvertes, j’en parle un peu ici pour celles que je retiendrai davantage. J’ai aussi été enchantée de découvrir un genre dans lequel je ne m’étais pas encore aventurée et qui m’apporte nombre de rebondissements plaisants, histoires pertinentes et réflexions riches dans des univers qui m’emportent loin de mon quotidien : la science-fiction. J’ai la chance enthousiasmante de partager ma vie avec un être qui me permet de découvrir beaucoup d’œuvres qui finissent rapidement par m’obséder et me m’enchanter. J’ai ainsi visionné Ghost in the shell il y a quelques années de cela (non pas l’hérésie américaine, je vous parle bien de l’anime de Mamory Oshii de 1995) et surtout, vraiment surtout, Akira, anime surpuissant de Katsushiro Otomo de 1988 dont je ne me suis toujours pas remise (la musique, les couleurs, l’animation, les personnages, l’univers, les questions, les réflexions, les scènes, l’enchaînement, la composition, tout…). J’ai donc décidé de me laisser tenter, du haut de mes 25-26 ans, et y aller franchement : Les Dépossédés (1974) d’Ursula K. Le Guin. J’ai aussi la chance d’avoir côtoyé des passionnées du genre durant ma maîtrise, et toujours le nom de la grande auteure de SF revenait et j’ai fini par vouloir assouvir ma curiosité et me lancer ! Quelle… mais quelle lecture ! Dévorée en deux jours et demi, l’œuvre n’a pas fait long feu entre mes mains et elle a littéralement enflammé mon cœur, embrasé tout mon être, elle m’a consumée sur place. J’ai vécu ce que je n’avais pas vécu depuis des années : le coup de foudre débordant pour une auteure et une œuvre. Le besoin obsessionnel de tout lire et la peur d’avoir tout lu qui suit. Le livre qu’on sert contre sa poitrine, les yeux humides, l’envie d’en parler toujours, sans cesse, et ne plus dormir, ne rien faire d’autre que relire et redécouvrir et se surprendre à repérer de nouveaux détails chaque fois. Ursula K. Le Guin a littéralement soigné quelque chose en moi durant ce weekend de lecture, elle a apaisé toute une somme d’angoisses, j’ai eu l’impression de partir en promenade avec les personnages du roman, de les suivre, de discuter avec eux, d’apprendre à mieux me connaître et m’apprivoiser parmi eux. Bien sûr, je finirai par trouver les bons mots pour vous en parler… J’ai aussi lu Stalker : pique-nique au bord du chemin (1972) des frères Strougatski que j’ai aussi grandement apprécié ! Et depuis la liste s’allonge doucement, je prends plaisir à découvrir ce genre et ne jamais m’en lasser !

2017 signifie aussi le retour au Québec et donc l’accès plus simple aux œuvres d’ici. Mon amour passionnel pour notre si belle littérature a été nourri ardemment et ne cesse d’être comblé. J’y ai découvert des poètes et des œuvres d’une force grandiose. À ce sujet, je vous réserve plusieurs articles sur la poésie que je lis et prends plaisir à explorer pour mieux sonder la vie elle-même. Je n’en écris pas davantage pour ne pas risquer les répétitions… Mais cela ne saura tarder !

Enfin, 2017 a été une année de lectures passionnées et passionnantes. Des œuvres engagées qui ne me quittent plus, qui m’habitent et m’ont permis d’appréhender un peu mieux la vie et de me donner confiance en moi, de m’armer contre mes propres parts d’ombre et celles que la vie jette sur ma route. Grâce au si important, si nécessaire et merveilleux blog (et maintenant aussi livre) Le Bal des absentes de Julie Boulanger et Amélie Paquet, toutes deux enseignantes de la littérature au cégep, j’ai fait des lectures dont j’ai encore du mal à me remettre. Déjà, lecture de tout leur blog, relecture inlassable de certains articles qui me permettaient de mieux me tenir debout, de réapprendre à me questionner, à avoir la force d’être et d’exister. Mais surtout, lectures d’œuvres puissantes : Don Quichotte (1986) de Kathy Acker (dont je parle ici, qui m’a littéralement jetée au sol pour m’obliger à apprendre à me redresser et me tenir debout mieux qu’avant), Sanaaq (1987 pour la première publication) de Mitiarjuk Nappaaluk (bouleversant de vérité, de profondeur et surtout un diamant de la littérature, œuvre précieuse dont l’histoire est magnifique : car il s’agit du premier roman inuit jamais publié et, surtout, parce que le texte provient directement du cahier de l’autrice qui a rédigé l’entièreté de ce roman d’une poésie fine en caractères syllabiques) et Djamila Boupacha (1962) de Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir (une histoire vraie et poignante qui révèle le courage, la résilience, la persévérance et la force dont l’être humain est capable face à la bêtise et la violence de ses pairs : il s’agit du récit de Djamila Boupacha, torturée et violée par des militaires français en Algérie et du procès qui suivra pour faire éclater la vérité, mené par Gisèle Halimi appuyée par Simone de Beauvoir). En somme, des lectures nécessaires, qui ébranlent, certes, mais surtout qui redonnent confiance en l’humain qui sait créer ainsi du beau, du fort, du puissant et du renversant.

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Illustration par Taryn Knight

Et pour 2018 ? L’aventure dans l’apprentissage de l’enseignement se poursuit ! J’ai la chance inouïe, splendide, irréelle tellement elle m’émeut, de pouvoir faire un stage avec une enseignante qui m’inspire et, sans qu’elle ne le sache, m’a plus d’une fois remotivée à affirmer mes choix et à ne pas perdre de vue celle que je suis réellement à travers mes études. Il ne me reste qu’à être à la hauteur de cette si belle opportunité et surtout à en profiter et à ne rien perdre des instants à venir qui risquent de passer beaucoup trop rapidement…
Je souhaite aussi découvrir la voix d’auteur.e.s opprimé.e.s, les lire, les faire entendre et partager ces lectures avec mon entourage. En 2017 je m’étais lancée le défi de lire plus de femmes et continuer à lire les voix qu’on ignore trop souvent dans les cursus littéraires et dans le quotidien me tient beaucoup à cœur.
Poursuivre mon voyage dans la science-fiction fait aussi partie de mes résolutions, cela m’apporte beaucoup trop de bonheur pour que je délaisse le genre ! J’aimerais aussi tenter de lire du policier, genre que j’ai tendance à bouder sans raison, de peur de ne pas assez m’y sentir bien.
Et enfin, en 2018, j’espère continuer à découvrir des œuvres de l’univers de l’humain avec qui je partage mon quotidien pour continuer de m’émouvoir, rire, pleurer et m’émerveiller toujours plus fort.

J’ai bien hâte de continuer à alimenter cet espace et à partager avec vous ici. Merci de me lire, merci pour votre curiosité et votre présence, je chéris tout cela aussi fort que chacune de mes découvertes littéraires !

Et vous, avez-vous des résolutions littéraires ou culturelles pour 2018 ?
Y a-t-il des œuvres qui vous ont marqué en 2017 ?


BANDE SON :

Je vous laisse sur cette musique de Pomme qui a tourné en boucle dans mes oreilles durant tout l’automne et le début de l’hiver :

 

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2 réflexions sur “Le doux passage de 2017 à 2018, dans la tempête de la grande fatigue mais du rose aux joues d’avoir tant admiré et d’aimer si fort

    1. Merci beaucoup ! Ça me touche vraiment que tu prennes le temps de me laisser un commentaire 🙂
      Tes mots me font chaud au cœur 😀
      Oui, au plaisir de se revoir et de rigoler encore ensemble ❤

      J'aime

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